Auvergne : l’énergie au menu d’une conférence citoyenne

 

Les scientifiques de tous horizons, physiciens, chimistes, physiciens de la terre et de l'atmosphère, économistes, ... ont un devoir - sinon une obligation - d'information et d'éducation d'un public le plus large possible. C'est ainsi que le conçoit la Société Française de Physique, à l'origine de cette initiative.

Tout, ou presque, a déjà été dit dans des congrès, colloques, séminaires, débats publics, ... sur les différentes sources d’énergie. Pourtant, toutes ces réflexions sont souvent perçues comme trop générales, ou trop théoriques, ou encore réservées à un groupe restreint d'“ initiés ”. Elles sont parfois même “ pilotées ” par de grands groupes industriels directement impliqués par la production d'énergie sous une forme ou sous une autre. Elles ne permettent pas d’arriver à une analyse à la fois collective et objective des problèmes soulevés par ce sujet pour le moins important pour l’avenir de notre société.

Les conférences citoyennes constituent un moyen de replacer les citoyens au centre des enjeux et des choix à effectuer face aux défis qui se posent à nos sociétés modernes. Elles représentent une manière nouvelle et originale de concevoir le débat démocratique, entre experts et citoyens, à partir d'une évaluation scientifique, économique, sociale et politique des questions qui peuvent émerger dans le domaine choisi. Et ces questions s’avèrent sont particulièrement nombreuses dans le domaine particulier de l'énergie !

Ces conférences se déroulent typiquement en quatre étapes :

• La première étape, de préparation, consiste à composer deux panels: l'un d'experts, l'autre de citoyens. Le panel des citoyens est formé de dix à quinze personnes environ, d'âge, de formation et de métier très divers. Quant au panel des experts, il rassemble une quinzaine de spécialistes des différents domaines abordés lors de la conférence.

• La deuxième phase s'articule autour de plusieurs séances de formation. À chacune de ces séances, un ou deux experts sont invités à présenter un aspect particulier du problème posé : ce que l'on sait, les perspectives à court, moyen et long terme, et surtout les incertitudes actuelles, que ce soit dans le domaine scientifique et technique, ou économique et politique.

• La troisième étape, publique, met en présence pour un débat contradictoire, le panel des citoyens, celui des experts et le grand public.

• Enfin le quatrième épisode prend la forme d'un mémoire de propositions de la part du panel des citoyens. Ce document est destiné, simplement, à faire entendre une voix citoyenne dans un débat de fond trop confiné, voire à éclairer les responsables territoriaux dans leurs choix politiques.

Cette conférence citoyenne est la première expérience de ce type en Auvergne, après celle organisée au niveau national en juin 1998 sur le thème des organismes génétiquement modifiés. Cette forme de débat est extraordinairement riche. Elle peut s'adapter à des sujets très variés, et surtout à tous les niveaux d'organisation d'une société moderne et démocratique, du village à la nation elle-même. C'est d'ailleurs à l'échelon local: département, groupement de communes ou commune elle-même que cette forme de débat nous paraît la plus fructueuse et prometteuse.

 

Une forme de débat extraordinairement riche

Une conférence citoyenne, c’est d’abord ce que chacun y apporte. L’engagement personnel des participants, qu’ils soient intervenants spécialisés, simples citoyens ou organisateurs, est essentiel. C’est bien sûr vrai de l’effort que chacun fait pour prendre sur son temps libre, mais c’est aussi un état d’esprit : venir sans parti pris mais prêt à défendre son opinion. Chacun croit à tort qu’il est spécialiste de ce qu’il sait ou, à défaut, qu’il ne sait rien.

Pour nous, cet exercice s’est révélé, en même temps qu’une formation captivante, l’occasion de partager ses convictions ou ses doutes avec d’autres. On en ressort plus riche : de connaissances, d’échanges et d’ouverture. C’est l’un des bonheurs de cette entreprise : la formation des participants permet d’enrichir constamment le débat au fil des séances.

Tous les sujets ne se prêtent pas à une conférence citoyenne. Tout d’abord, et c’est une évidence, il faut que le sujet choisi ait une  “ résonance ” dans le groupe social: un sujet trop limité, qui intéresse quelques spécialistes et pas du tout le citoyen n’apporte rien. De même, un sujet important socialement mais qui ne serait pas encore sorti des sphères de la recherche sera difficile à traiter car la formation initiale trop lourde à suivre.

Nous avons choisi le thème de l’énergie pour sa transversalité et parce qu’il se trouve déjà au cœur des débats de société. Il est suffisamment intégré et abordé par les citoyens : chacun d’entre nous sait ou croit savoir de quoi on parle quand on évoque le charbon, le nucléaire, les éoliennes ou l’effet de serre. La formation continue comporte donc une série d’éclairages et de mises au point pour réfléchir avec quelques spécialistes, mais il ne s’agit pas d’une formation ab initio.

Le thème sélectionné doit susciter le débat, et ne pas être trop étroit. Ainsi un sujet dont les tenants et les aboutissants seraient parfaitement connus, ne laisserait pas d’alternative et offrirait un large consensus, n’aurait guère besoin d’être discuté. Les thèmes pour lesquels les données factuelles ouvrent un éventail de choix sont donc particulièrement intéressants.

Il faut aussi savoir restreindre, si besoin est, le domaine abordé. Les premières séances de formation ont souvent pour but de mieux en cerner l’un des aspects. Par exemple, le thème de l’énergie dans son ensemble est immense, et il est vite apparu qu’il fallait le circonscrire : le choix a été fait de l’orienter vers la production d’électricité plutôt que vers le problème des transports par exemple.

Cette maturation du sujet au cours des débats est un point essentiel de la conférence citoyenne : on y trouve ce qu’on y apporte mais aussi ce que les autres y adjoignent et enfin ce que le groupe dans son ensemble élabore progressivement.

 

J’espère de tout cœur que cette expérience pourra s’étendre largement au delà des frontières de l’Auvergne. Trois documents ont été édités afin de pouvoir prolonger cette expérience :

• Le relevé de conclusions du panel des citoyens,

• Un document rassemblant les éléments de réflexion mis à la disposition du panel des citoyens pendant les séances de formation,

• Un “ petit guide pratique d’une conférence citoyenne ”. Celui-ci a été édité pour démystifier un peu ce type de débat.

Tous ces documents sont disponibles sur simple demande auprès du secrétariat ou du service communication

 

Comité d'organisation

Jean-François Mathiot                Société Française de Physique, section Auvergne, et

                                                               Laboratoire de Physique Corpusculaire, CNRS/Université Blaise-Pascal

                Nicolas Arnaud                  Laboratoire Magmas et Volcans, CNRS/Université Blaise-Pascal

François Cavalier                Bibliothèque Municipale et Inter-Universitaire

Danielle Hugon                   Maison de l'Innovation, CCSTI du Conseil Général du Puy-de-Dôme

Vincent Verney                   Laboratoire de Photochimie Moléculaire et Macromoléculaire,

CNRS/Université Blaise-Pascal

Secrétariat

                Catherine Pinty                   Laboratoire de Physique Corpusculaire, CNRS/Université Blaise-Pascal

                                                               Tél: 04 73 40 51 25 , Fax: 04 73 26 45 98

                                                               Mèl:SFP.auvergne@univ-bpclermont.fr, http://sfp.in2p3.fr/Auvergne

Communication

Cécile Nore                       Maison de l'Innovation, CCSTI du Conseil Général du Puy-de-Dôme

                                                               Tél: 04 73 98 15 80, Fax: 04 73 98 15 89

Mèl:cecile.nore@cg63.fr